C’est le flot qui dicte

Il y a quelque chose que j’aurais aimé dire en public, mais que je n’ai jamais osé.
Sûrement parce que j’avais peur du jugement. D’avoir l’air un peu folle, pas assez intellectuelle aux côtés de mes collègues littéraires. Sorcière.

Je n’ai jamais avoué aux journalistes que mon cycle menstruel faisait partie de mon processus d’écriture.
Ça m’aura pris du temps à me l’avouer, à moi-même.
La semaine avant mes règles, je dors mal, j’ai des cauchemars, je deviens hypersensible à ce qui se passe autour de moi et en moi, j’ai des émotions qui se cherchent des mots pour énoncer leur message ou encore des ailes pour évoquer ce qui échappe à ma parole.
En images me revient l’essentiel de ce qui doit être dit, véhiculé, transmis, partagé, accueilli, validé. Dans mes rêves comme dans le quotidien que mon corps traverse, pores ouverts.
C’est ainsi que je reconnais le pouvoir de mon corps où se loge la vie qui m’inspire.
Mon corps, en relation avec tout ce qu’il effleure, a touché, saisi, goûté, goûtera, saisira, touchera, effleurera.
Mon corps qui sait tout.
Mon corps qui retient tout.
Mon corps qui relie mon passé au présent à l’avenir, pour que rien de ma vie ne m’épargne.

Je lui en veux parfois, de me garder éveillée.
Il m’aura fallu des années pour le comprendre.

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